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Réponse au communiqué du 28/03/14

Messieurs les directeurs,

Vous avez adressé un communiqué à l’ensemble du personnel, le vendredi 28 mars à 11h15. Vous y annoncez avoir pris acte du débrayage opéré par des salariés le vendredi 21 mars, suite à l’appel des organisations syndicales.

Chaque point mérite une réponse, mais il faut auparavant souligner que vous avez communiqué directement et instantanément à chaque salarié, parce que vous en avez les moyens, alors que les communications syndicales sont soumises à votre service des relations sociales, avec un certain délai, et ne sont pas portées à la connaissance du personnel. Votre communiqué a été diffusé en interne. Pour être accessible, cette réponse sera déposée sur des sites Internet d’accès libre ne dépendant pas de vos services.

Votre communiqué a été très remarqué par les salariés, ne serait-ce que parce que votre communication à caractère social est très rare.

Vous indiquez que le Comité de Direction de Crédit Agricole Technologies et Crédit Agricole Services a invité les représentants syndicaux à exposer les éléments de mécontentement générant ce mouvement. C’est déjà en admettre un. Vous dites que les différentes revendications exprimées rejoignent, au moins dans leur objectif, les préoccupations des directions, et doivent trouver des réponses effectives, dans le cadre du fonctionnement normal des GIE et des relations sociales. Si les directions se disent préoccupées, il n’est rien sorti de concret des échanges avec les partenaires sociaux, au point même de douter d’une prise de conscience suffisante des problèmes.

Vous réaffirmez votre volonté de maintenir un dialogue au plus près des attentes des collaborateurs, concrétisée depuis l’Etude de Faisabilité par toutes les transformations, accords et dérogations. Sur ce point, il vous a été rappelé par les partenaires sociaux qu’après les accords indispensables au Statut Social Unique, le nombre d’accords négociés a chuté. Certains accords récents n’ont d’ailleurs pas été respectés et cela vous a été signalé, sans réponse de votre part.

Au cours de la réunion, le sujet des dérogations n’a pas été mentionné, mais puisque vous le faites, il convient de préciser que les représentants du personnel ont remonté régulièrement de fortes difficultés à disposer d’une vision nécessaire à un rendu d’avis sur des demandes de dérogation et que l’inspection du travail a même retourné des refus.

Vous dites avoir partagé avec les partenaires sociaux les éléments qui figurent ensuite.

En premier lieu, cette affirmation porte à croire qu’il y a eu de votre part une compréhension des éléments remontés par les partenaires sociaux Cela n’a pas été ressenti aussi nettement à l’issue de la rencontre. Certes, vous avez reconnu des problèmes sur lesquels des réflexions sont en cours, mais de là à dire que les partenaires sociaux ont partagé avec vous les pistes de solutions que vous énumérez ensuite, il s’en faut de beaucoup. Il aurait d’ailleurs été plus correct de votre part de demander aux partenaires s’ils valident les propos que vous leur prêtez, avant de les communiquer à l’ensemble du personnel.

Les éléments suivants ont été examinés :

Les conditions de travail

L’évocation des insuffisances des différents process, avec des attentes fortes d’amélioration rapide a bien été faite par les partenaires sociaux à qui vous avez bien répondu être conscients de ces lourdeurs et difficultés. Vous avez rappelé avoir déclenché la démarche «Dynamique 2014» l’été dernier.

Votre engagement d’accentuer l’écoute des besoins, pour choisir et opérer les changements qui s'imposent a rapidement été relativisé lorsque la simple évocation de l’« outil » OWA a provoqué de votre part une menace de quitter la réunion séance tenante en invoquant un « droit de retrait ».

Vous avez proposé de compléter la démarche «Dynamique 2014 », en faisant participer directement, via des groupes de travail opérationnels, plus de salariés et de managers. En faisant cette proposition, vous admettiez que la démarche en question rencontre des difficultés à produire du concret. C’est normal car elle se déroule à un niveau de management pour lesquels ces problèmes sont très éloignés.

Vous mentionnez que les « utilisateurs », fort de leur connaissance terrain, pourraient participer efficacement à l’amélioration des conditions de travail en proposant des actions concrètes et opérationnelles. Ces propositions seraient-elles prises en compte ? Il est permis d’en douter au vu de votre réaction sur OWA. Vous complétez en précisant que cette proposition de démarche se traduirait notamment par l’allocation d’un budget jours-hommes dédié, afin de s’assurer de la poursuite des travaux d’amont en aval, de l’analyse des situations de travail jusqu’à la mise en œuvre de solutions. Faut-il mesurer votre volonté à l’aide d’un budget dédié ? Il n’a, en tout cas, pas été mentionné. Enfin, une question se pose : pourquoi ne pas avoir inclus ce dispositif dès le lancement de la démarche ?

Les partenaires vous ont indiqué que, cette démarche demande du temps avant de produire des améliorations concrètes des conditions de travail. Pour quelle aboutisse, elle doit se dérouler que dans un climat social apaisé qui passe par une juste reconnaissance préalable du personnel et par des mesures de recrutement rapides destinées à faire baisser la pression dans certaines unités.

Sur le thème « Construire l’avenir », vous affirmez que l’entreprise puise sa politique auprès de son Conseil d'Administration, auquel les élus participent. Ces conseils sont très brefs. Ils ne font qu’entériner des budgets et des plans, valider des comptes de résultats et des bilans. Il y est rarement mentionné des incidents importants qui ont monopolisé un effectif conséquent et seulement pour en faire une analyse dite « post-mortem ». Les élus ne participent pas à ces conseils, ils y assistent seulement, conformément à la règlementation. Ils savent que les débats ont lieu dans les réunions des administrateurs, en dehors de leur présence.

Vous dites que la seule inflexion prévue, par rapport aux principes posés lors de l’Etude de Faisabilité, concerne le projet de rassemblement des structures CA Technologies et CA Services. Vous dites qu’aucun site n'est menacé par les aménagements proposés. Vous avez réaffirmé votre politique devant les élus. Ces derniers n’attendent pas des affirmations répétées à l’envi, mais des preuves concrètes.

Vous affirmez que l’organigramme actuel des GIE se base encore aujourd’hui sur l’Etude de Faisabilité et le dossier globalisé présentés en 2010. L’organigramme actuel, avec tous ses postes vacants n’ayant fait l’objet d’aucun projet de recrutement, ne ressemble en rien à la cible organisationnelle présentée fin 2010 dans le dossier globalisé et soumis à l’avis de tous les Comités d’Entreprise. Vous affirmez que, depuis, des déformations de l’organisation ont eu lieu, non seulement pour répondre à des besoins opérationnels (nouveaux besoins, amélioration fonctionnement, projets etc.), mais aussi du fait d’hypothèses posées lors de l’Etude de Faisabilité – hypothèses qui ne se sont pas toutes réalisées (retours Caisses régionales, Mobilités géographiques, volontariat etc.). Les hypothèses ne sont pas réalisées car vous aviez envisagé avec trop d’optimisme des mobilités géographiques et sous-estimé la méfiance que le projet suscitait. Votre communiqué semble attribuer la responsabilité aux salariés qui ont préféré assurer leur sécurité professionnelle.

Concernant le recrutement, à travers le projet d’évolution d’organisation MOE ED, vous affirmez souhaiter procéder au recrutement de 45 personnes sur 2 ans, dont 8 immédiatement pour accompagner le projet d’évolution MOE ED. Les propositions faites par les élus en Comité d’Entreprise prennent davantage en considération les postes vacants, les hypothèses de départ en retraite et le besoin de rajeunissement du personnel. Elles prévoient un plan de recrutements prenant en compte les sites et les manques d’effectifs et offre des possibilités de promotions motivantes et réalistes. Vous avez l’occasion de concrétiser une politique volontariste dans le cadre de ce projet. Les élus pourront mesurer par la même occasion votre volonté d’avancée sociale.

Vous intitulez le thème suivant « La reconnaissance des succès et de votre contribution ». Tenir les salariés que comme de simples contributeurs et non comme les acteurs à part entière des succès est regrettable.

Vous écrivez que le Comité de Direction de Crédit Agricole Technologies et Crédit Agricole Services a retenu de procéder à une reconnaissance financière des succès de l’année 2013 sous deux formes et vous concluez par le calcul du versement d’un complément de REC 2013 de 440€ en moyenne par collaborateur. C’est ignorer les efforts faits en 2011 et 2012, dans des conditions difficiles. Votre décision n’est pas considérée  comme une juste reconnaissance, mais comme une injustice au regard des efforts fournis pendant 3 ans.

Vous indiquez une seconde reconnaissance individuelle, sans limitation du nombre d’attributaires, et soumise à l’appréciation des managers. Vous dites qu’à cet effet, vous avez prévu de rehausser exceptionnellement cette année les capacités d’attributions. Vous avez cependant mentionné devant les partenaires sociaux l’existence d’une enveloppe globale, ce qui reviendra à plafonner les attributions.

La demande d’une prime unitaire a été exprimée par les organisations syndicales en reconnaissance des efforts fournis et afin de permettre de lancer, dans le calme, des chantiers d’amélioration des conditions de travail. Les partenaires sociaux vous ont signalé un fossé entre la direction et la base, il est urgent d’en prendre la mesure et d’y apporter des solutions, sinon, le personnel va se démotiver.

Vous concluez en rappelant l’importance de respecter vos engagements, et ceci pour le profit de tous. Vous dites que ces engagements tenus sont les meilleurs garants de la confiance que les Caisses régionales nous accordent.

Faites-le.

Mis à jour (Jeudi, 12 Juin 2014 22:55)